Premiers textes

Le texte de : Carole T.

Pour info Carole a écrit 12 pages que voici ci dessous

   Longtemps, Gengis Khan avait rêvé de conquérir le monde, et c’est à cela qu’il pensait lorsque son corps fatigué de régner à longueur de journée s’abandonner à un repos bien mérité. Sur la plaine de Hentiy, l’aurore éveillait la nature lorsque une dépêche arriva par l’entremise d’un pigeon voyageur. Sa couleur Rouge marquait toute l’importance de la missive, c’est ainsi , sans plus attendre, le Gardien des Lettres, seul valet à avoir l’autorisation d’ouvrir et de lire le contenu du courrier du Souverain, la décacheta et la lut à plusieurs reprises; il marmonnait un dialecte incompréhensible puis il blêmit. De sa voix fluette, il sonna le valet Porteur de Nouvelles d’aller sans plus tarder réveiller le Maître ; L’empereur bercé par ses songes sursauta lorsqu’il entendit frapper trois coups à la porte de la chambre impériale ; Sans plus tarder, il permit d’entrer à son valet, sachant que les 3 coups signifiaient une nouvelle d’une extrême urgence.
–  Qu’elle est cette nouvelle, Valet PDN ???  gronda Gengis Khan au valet Porteur De Nouvelles
–  Empereur, Le roi Louis IX  demande à ce que vous le receviez en particulier, il est aux portes de Hentiy, Maître . Il a,dit-il, une requête à vous soumettre !
–  Parle-t-il du contenant de sa requête Valet PDN ???
–  Non, Empereur, il ne dit mot quand à ce sujet ; Que dois-je lui répondre ?
–  Qu’il vienne, je le recevrai donc en première audience ; Voyez avec les Valets pour VIP, afin de traiter notre hôte comme il se doit ; Charger les Valets Des Cours de s’occuper de celle du Roi et les Valets Du Reste de s’occuper du reste de la garnison du Roi.
–  Bien Empereur Gengis Khan , dit-il en se retirant.
L’Empereur fit venir ses Valets costumiers afin de se vêtir de ses plus beaux apparats pour recevoir celui qui régnait sur un pays lointain, si lointain que l’empereur avait longtemps cru à une légende créée de toutes pièces par les historiens du Royaume.
Il était impatient de rencontrer cet homme dont on parlait tant mais intrigué aussi ne sachant nullement pourquoi ce Roi faisait appel à lui.
L’Empereur entra dans le salon des demandes afin de poser son séant sur son trône. Il déclara l’audience ouverte .Les deux immenses portes en bois précieux s’ouvrirent  sur le Roi Louis IX.
Gengis Khan resta assis car il ne savait pas que l’on se levait devant un ROI ; Les
Valets refermèrent les portes derrière lui.
Le silence était tel que l’on pouvait entendre le claquement sec des pas de Louis IX à mesure qu’il s’approchait de l’Empereur ; Les deux hommes  s’interrogeaient du regard, ils ne savaient pas encore que cette rencontre serait historique ;
A peine relevé de sa génuflexion face à l’empereur, Le Roi ouvrit le dialogue ;
– Empereur Gengis Khan, quel honneur ai-je de vous rencontrer, vous, Roi des Mongols, vous qui avez su rassembler ce qui était divisé ; J’ai un profond respect pour l’homme sage que vous êtes ; Mon peuple a d’immenses qualités, mais malheureusement il ne possède pas la vertu de la sagesse ; En France ,nous ne cessons de combattre nos ennemis car nous n’avons pas la capacité de communiquer afin de pouvoir s’entendre et communier ensemble ,un de mes conseillers avait émis l’idée de pouvoir s’unir à plusieurs pays afin de créer une seule et unique unicité ,l’idée me semblait pertinente mais impossible, mon peuple aime le sang , il n’est pas dans un esprit de rassemblement mais plutôt d’élimination de ce qu’il pourrait imaginer comme nuisible.
Alors que vous, Empereur Gengis Khan, vous nous avez montré que c’est possible, que la barbarie n’est pas obligatoire pour régner ; Compte tenu de ce que je sais de vous, je suis venu vous demander votre aide !!!!
Mes apothicaires me parlent d’une étrange maladie dont je serais victime !!!! Il l’appelle PDP, soit «Pétage De Plombs», je vous avoue Gengis, si vous me permettez de vous appeler ainsi, je ne sais pas trop ce que sait .. Ils me disent que c’est une sorte de surmenage, de ras-le-bol, voyez-vous ; Il faut dire que je n’arrive pas à raisonner mes troupes, ils arrivent même à se tuer entre eux dés que quelque chose les contrarie ; Je ne dors plus, ils me font peur.
Le Roi s’effondra en pleurs à la surprise non dissimulée de l’empereur.
C’est à ce moment là, qu’il se leva de son trône et  releva délicatement le Roi ; D’un signe il intima à son Valet des soupers de préparer un bon repas pour eux deux et amena le ROI dans son bureau personnel.
– Tout d’abord bon Roi, tu vas rester quelques jours dans mon royaume, tu perdras sans doute d’autres hommes là ou tu as décidé que la guerre fait rage mais un homme n’est fort que lorsque son âme est en paix ; Nous parlerons ensuite de ce que tu attends de moi; tes apothicaires ont raison, même si chez moi sur la plaine du Hentiy, nous ne connaissons pas ce nom , le PDP ; Ce que je vois de toi est un homme fatigué . Tu es un guerrier mais avant tout tu es un Roi et je pense que tu veux faire évoluer ton peuple ; Peut-être arrives-tu trop tôt dans l’histoire pour qu’arrive ce que tu souhaites ; Un proverbe Mongol dit ; ‘ N’ESSAIE PAS DE FAIRE CHANTER L’OISEAU SI IL N’A PAS LA CAPACITE DE LE FAIRE, APPRENDS-LUI A DEVENIR LE PLUS BEAU POUR RAVIR TES YEUX A CHAQUE MATIN ‘ ;  Maintenant, Roi, accompagne -moi à la salle des soupers, tu vas te restaurer et te reposer, nous avons le temps,car le temps est notre allié, Roi.
Le Roi semblait un peu plus apaisé par les paroles réconfortantes de l’empereur et
c’est ainsi que commença leur longue amitié.
Quelques semaines à peine avaient suffit pour que Louis IX semble s’épanouir dans ce nouveau pays, dans ce nouveau décor. Chaque jour, les deux hommes s’entretenaient personnellement  et  Louis IX paraissait de plus en plus serein.
Le Roi conta à Gengis son envie de réformer, de faire évoluer son peuple vers une liberté de penser et d’agir ; Il expliqua à son ami ce qu’est la Chrétienté ,son amour pour celle-ci ; Son but d’allier politique et spiritualité .Gengis quant à lui ,expliqua à Louis comment avec un esprit pourtant militaire ,il avait réussi à rassembler l’Asie de l’est avec L’Asie centrale afin de créer la souveraineté des Mongols ,il raconta combien cela lui avait coûté de ruiner l’Europe orientale et qu’il aurait préféré agir différemment ; Ayant réussit à venir à bout de cette invasion grâce à un mélange de barbarie et de stratégie, son but était de partir à la conquête de la Chine ; Son maitre d’armée réfléchissait déjà à un plan d’action qui pourrait faire périr le moins d’hommes possibles mais renverser la Chine ; Louis admirait Gensis , ainsi ,lorsque l’empereur lui demanda de lui parler de ses parents , les yeux de Louis se perdirent dans la nuit pour le ramener au souvenir du jour de son sacre ; A l’âge de 12ans, il se retrouva Roi ,régenté jusqu’à sa majorité par sa mère , Reine de surcroît dont il subit la castration; iI avoua courageusement à son fidèle ami ses multiples histoires d’amour avec des hommes. Choqué tout d’abord puis curieux et amusé ensuite, découvrant ainsi la possibilité de l’homosexualité chez l’être occidental, il écouta le Roi attentivement. Le vin déliant les langues, désinhibant leur personnalité et abandonnant peu à peu le pouvoir de leur statut, les deux hommes se rapprochèrent jusqu’à se toucher, s’embrasser ; Gengis laissa libre cours à l’expérience du Roi et c’est ainsi que naquit le début de leur amour pour le meilleur et pour le pire.
Le lendemain de leur première nuit d’amour, Gengis repris ses fonctions, laissant Louis à son réveil dans un malaise et une culpabilité profonde ; Quand vint l’heure du déjeuner, les deux hommes se retrouvèrent face à face . Les joues pourpres du Roi, son balbutiement, prouvaient qu’il était honteux de ce qu’il avait pu entreprendre avec Gengis ,craignant de ce dernier la fin de leur histoire d’amitié ; L’Empereur ne semblait nullement être perturbé par cette nuit , bien au contraire ,il était radieux et souriait avec les yeux ;
– Louis, mon bon Louis, n’aie pas honte de ce qui c’est passé , la vie est une expérience et je suis ravi d’avoir pu la faire avec un homme tel que toi ; Tu m’as donné un immense plaisir cette nuit et tu a révélé une autre facette de mon moi ; Je ne peux que t’en remercier ,alors s’il te plaît ne prends pas cet air ombrageux ,bien au contraire, voyons en cela une preuve supplémentaire de notre amitié ; Il est temps maintenant, cher ami , de me dire pourquoi tu étais venu chez moi.
Le Roi resta silencieux, prit une inspiration profonde, l’heure était à la réalité, à la guerre et aux décisions qu’il en adviendrait.
Tous deux étaient redevenus à l’instant même de la demande de Gengis, Roi et Empereur.
– Empereur, j’ai besoin de ton soutien.
– Tu peux compter sur moi, Roi, mais dis moi tout d’abord pourquoi tu as besoin de moi.
–  A la demande des chrétiens, J’ai choisi de me croiser, Empereur. Je compte donc partir en terre sainte;Jérusalem est tombée entre les mains des Musulmans qu’il faut à n’importe quel prix éliminer !
–  Si je comprends bien, Roi, tu as besoin de moi car la puissance chrétienne dont tu es le gardien est en berne actuellement  c’est cela, Roi ?
–  Pas seulement ,Honorable Gengis, je pense comme tu me l’as si bien appris durant mon séjour chez toi ,que l’union fait la force ; Ainsi t’alliant à moi , nous pourrons plus facilement conquérir les envahisseurs de Jérusalem, et puis, et puis, Gengis …
La voix du Roi se fit plus douce, ses yeux se baissèrent, ses épaules se courbèrent.
– Et bien, parle mon ami ! Si tu veux mon soutien et celui de mon armée, il te faut tout me dire ! Dit l’Empereur courroucé.
– Ma mère a fait une promesse que je ne peux que tenir ;
– Laquelle est-ce Roi ?
– En venant chez toi, sur tes Terres, Empereur, j’ai pris un énorme risque , celui de mourir ; Je ne te l’ai pas dit mais je sors d’une longue maladie au cours de laquelle j’ai manqué périr, le PDP dont je suis sujet est surement une séquelle dûe à ce que j’ai subi . Ma mère, de peur de me perdre, avait juré dans ses prières, que je prendrais la Croix si je guérissais ; Empereur ,si je suis là , c’est grâce à Dieu ,lui- même qui a choisi de me redonner la vie ; Aujourd’hui je dois tenir la promesse de ma mère et partir en croisade ; Seulement , tu as raison, mon armée ne se porte pas comme elle le devrait alors je te demande de partir en croisade avec moi, ainsi nous allierons nos forces, notre pouvoir , nous réunirons l’Orient et L’Occident ; Ainsi , nous diviserons le monde en deux , l’Orient t’appartiendra et je n’aurai aucun pouvoir sur tes terres ni sur ton peuple , tout autant que l’Occident sera mien ; Nous serons donc à nous deux ,les maitres du monde.
– Ton idée me séduit, Roi, mais il me faut y réfléchir ; Pour cela, tu dois dès à présent me laisser seul. Lorsque l’aube succédera à l’aurore alors je te donnerai ma réponse.
Louis IX, se leva , en silence et se retira dans ses appartements .
La nuit fut longue , la nuit fut douloureuse ; En observant le ciel , il y vit un alignement de cinq étoiles majestueuses qu’il prit pour un signe d’allégeance à Gengis khan , ce qui le fit sourire et lui redonna foi en la réponse de l’Empereur ;
Lorsque le roselin, petit oiseau Mongol, émit son premier chant, ce fut la preuve que l’aube succédait à l’aurore;  A ce moment précis, Louis IX comprit que la décision de son ami était prise ;
Quelques secondes suffirent au Valet des décisions pour venir chercher le Roi Louis IX.
Gengis Khan, l’air grave fit asseoir le Roi ;
– Roi, tu auras mon soutien, Roi, tu auras mon armée , Roi tu auras mes valets ; La condition sine qua non  est que tu conquières la Chine du Nord avant de partir à Jérusalem ; Si tu acceptes , nous partons dans une semaine pour la Chine ; Une fois que nous aurons combattu cette dernière , nous partirons à Jérusalem. Peu importe le temps que cela prendra, je serai à tes côtés jusqu’à ne plus avoir d’armée ni de valets ; Cela te convient- il, Roi?
– Cela me convient, Empereur ; Je te remercie de m’aider !
Gengis Khan sortit de son secrétaire en bois de rose du papier d’Himalaya – mélange de bois de rose et de lin tissé- et le posa devant le Roi ;
– Voici maintenant nos accords écrits sur ce papier ; Je vais y apposer mon sang et le signer de ma plume, fais-en de même Roi !!!! Ainsi par le sang, seront scellés notre accord et notre amitié.
Joignant le geste à la parole, tel un pacte, les deux protagonistes signèrent de leur sang leur engagement mais aussi le changement de l’histoire !
Pendant une semaine, tout le royaume s’affaira, valets, soldats, Maîtres en tous genre ; L’on partait pour longtemps , il fallait surtout ne rien oublier.
Louis IX et L’Empereur Gengis Khan, eux, restaient enfermés dans le bureau avec le Maitre des armées, ils oeuvraient afin de préparer l’attaque magistrale de la Chine ; Les deux hommes optèrent pour une attaque surprise à bord des bateaux armés  par le fleuve jaune soit le Huang He, prenant ainsi la province du Shan xi  remontant ainsi facilement vers la province du Zhengzhou, puis celle du Shandong et enfin celle du Heibi ,la plus intéressante au yeux de l’Empereur puisque s’y trouvait Tianjin et
Beijin ; Le Maitre des armées approuvait le choix ;
A la veille du départ, le Valet des colloques réunit tous ceux appelés à partir avec L’Empereur  et le Roi.
Gengis expliqua donc le stratagème pour envahir la Chine ; tous écoutèrent dans un silence d’orgueil.
Un banquet fut donné puis tous se retirèrent pour une ultime nuit paisible avant la grande guerre qui les attendaient.
Les provinces fut prise d’assaut et n’imposèrent pas de résistance à l’armée de L’Empereur et du Roi. En trois mois, la Chine appartenait enfin à Gengis ; Il était fier et promettait à son nouveau peuple respect et dignité à condition qu’ils obéirent à ses exigences ;
Quatre Organisateurs des Provinces, désigné à cet effet, resteraient sur place afin d’organiser le nouveau gouvernement et donné les directives au peuple ;
A peine eut-il le temps de savourer ses victoires que l’Empereur décida de se remettre en route pour combattre les musulmans et aider le Roi a prendre Jérusalem.
En parcourant les steppes menant l’Empereur et le Roi vers l’Afghanistan, Louis IX pensait que le voyage n’allait pas se faire sans mal, car tous les pays que devaient traverser ces hommes étaient des pays musulmans, ils allaient donc devoir combattre leurs ennemis plus tôt que prévu avant de pouvoir libérer Jérusalem.
Leur entrée en Afghanistan fut des plus calmes. Les plaines verdoyantes entourées par une roche brute et découpé par l’érosion du temps qui passe laissa Louis IX admiratif ; Il ne pensait pas que ce pays pouvait être aussi beau ; aveuglé par sa colère et sa volonté de conquérir, son esprit avait fait de tout ce qui était associé aux musulmans un tableau noir terni par des ombres.
Ils choisirent de poser leur campement sur une des collines rocheuses, ainsi ils pourraient voir l’ennemi de loin et préparer l’attaque si besoin était ; Ca et là  l’ombre bleutée du soleil sur les monts, laissait majestueusement entrevoir à travers la puissance de leurs différentes strates, qu’ils étaient le témoin silencieux de l’intemporalité.
De l’autre côté des monts, des lacs d’un bleu limpide et profond ; L’adéquation parfaite entre le ciel et l’eau donnait à Louis la sensation d’être face à la perfection.
Pendant que les hommes préparaient le campement, les deux souverains s’isolèrent un peu plus loin sur la plaine ; Synchronisant leurs gestes spontanément, ils s’assirent en tailleur, émerveillé par ces paysages spectaculaires.
–  Vois-tu Louis ce que je vois ?
–  Oui, Gengis je vois
–  Louis, vois-tu ou regardes- tu ?
–  Pourquoi me poses-tu cette question mon ami ?
–  Car si tu regardes, tu ne peux voir.
–  Comment cela Gengis ?
– Voir  , Louis , c’est permettre aux yeux de passer à travers l’autre côté du regard ; Regarder ,Louis  , c’est limiter sa perception de la vérité  mais Voir ,c’est l’alliance de ces  3 sensations réunis  ; Visuelle, sensorielle, olfactive ; Alors , seulement , et seulement là.
Louis tu  comprendras à travers leur l’histoire, notre histoire !
Le Roi se rapprocha de l’Empereur, ils s’embrassèrent fougueusement décuplant ainsi leur désir de s’abandonner totalement à l’acte suprême de leur amour.
Leur étreinte terminé, les deux hommes restèrent longtemps allongés, silencieux. Ils s’assoupirent, apaisés, heureux …
Gengis se réveilla lorsque les dernières étoiles transpercèrent le ciel ; le bruit du silence imposait le respect ; Le souverain prenait conscience de l’immensité de l’Univers, il se sentait faire corps avec la Terre comme si son être tout entier s’enfonçait dans celle-ci jusqu’a disparaître complètement.
– Quel sentiment étrange, pensa t’il, Moi qui combat à chaque jour qui passe, ne suis-je pas ridicule au final, est-ce pour changer le monde ou est-ce par vanité? Regarde toi  Gengis Khan, regarde autour de toi, L’univers est là, silencieux mais, depuis toujours dans un perpétuel changement, il incarne la perfection même, il n’impose pourtant aucun dogme, il accepte en douceur chacune des vies qu’il fait naître sans qu’à aucun moment il ne réclame une quelconque reconnaissance. Quelle leçon d’humilité ! As-tu vraiment besoin de continuer à combattre? Ne serait-il pas possible que tu changes Toi au lieu d’essayer de continuer à croire à tes illusions ?
Soudain, Louis s’éveilla ; Il trouva son ami, les yeux fixés vers le ciel ; Gengis se tourna et dit au Roi :
– Cette guerre sera la dernière, je ne combattrai plus ensuite ; En rentrant chez moi , je veux offrir à mon peuple des lieux pour les éduquer , pour les cultiver ; Qu’ils soient fils de paysans ou fils de Roi , dans ces lieux , ils seront logés à la même enseigne ; Ma décision est prise ,je ne veux plus combattre ; Le temps qui m’est imparti doit servir à rendre fort mon peuple , mais plus par la force ,mais par l’esprit !
Louis l’observa, dubitatif … Gengis était un grand homme, c’est certain, pensa t’il avant de l’embrasser.
Les deux hommes redescendirent par le flanc de la montagne afin d’arriver jusqu’à leurs hommes, l’heure du départ avait sonné, le jour se levait.
Après s’être restauré, l’Armée était fin prête à conquérir leur prochaine étape, L’Iran.
Il leur fallut moins de 10 jours pour arriver en Iran, le temps était compté, chaque jour ,des Chrétiens se faisaient massacrer, il fallait donc arriver à Jérusalem au plus vite.
L’Iran était plus plat que l’Afghanistan, plus vert aussi ; A perte de vue, des plaines odorantes dont le mélange de musc et d’ambre donnait une impression surréaliste au décor. Quelques arbres groupés par grappe dont les bras immenses et feuillus caressaient tendrement le sol à chaque brise. Au loin des petites fleurs rouges parsemées ça et là, ajoutait un air de franche gaieté à cette nature conviviale. Quelques palmiers égarés dont les feuilles servaient de parasol convainquent les souverains à faire une courte halte.
La chaleur était telle que L’EMPEREUR  décida de faire partir quelques hommes en éclaireur afin qu’il trouvent un point d’eau, car les hommes et les chevaux assoiffés ne pouvaient plus continuer.
Heureusement pour eux, un immense lac se trouvait derrière la colline située devant eux, à quelques kilomètres seulement des palmiers.
C’est dans un dernier galop qu’ils s’y précipitèrent .A peine arrivés, chevaux et hommes plongèrent  joyeusement dans ce lac tout en jouant bruyamment comme des enfants.
A cette occasion, il fût décidé par les souverains qu’un banquet s’imposait ; Prenant quelques hommes, sabres et arcs, Gengis décida d’assouvir sa passion et partit chasser à travers plaines et contrées promettant de ramener de quoi festoyer !
Le souverain tint sa promesse et ramena plus de bêtes qu’il n’en faut pour un banquet ; Lion, taureaux et chiens se firent dépecés afin d’être embrochés.
L’on sortit des carrioles des fûts de vin pour accompagner ce festin; L’on chanta de concert à la gloire du Roi et de L’Empereur .Ce fut la première nuit depuis leur départ qu’il s’octroyait un peu de légèreté.
C’est la chaleur étouffante qui les éveilla. Après quelques ablutions, les souverains changèrent leurs stratégies et décidèrent jusqu’à Jérusalem de continuer de nuit.
Lorsque le jour fut entre chien et loup, ils reprirent leur route flanqués de flambeaux à leurs mains afin d’éclairer leurs routes. Ce n’est que plusieurs heures après que le drame commença.
Trois chevaux commencèrent à hennir anormalement, leurs têtes se tordaient dans tous les sens, ils ruaient, faisant ainsi tomber leurs maîtres, puis, d’un seul coup ,leurs pattes avant ne les portaient plus et ils tombaient sans pouvoir se relever, haletant ,les yeux exorbités , convulsant ,ils mouraient quelques minutes après.
Impuissants, inquiets, les hommes s’affairèrent autour des chevaux. Gengis et Louis approchèrent les flambeaux auprès des animaux afin d’analyser la situation. Ce qu’ils virent les laissa stupéfaits…
En effet, des excroissances s’étaient formées sur tout le corps des chevaux, elles bougeaient ; L’on pouvait aisément les voir se déplacer ; Gengis releva la tête, et pour la première fois il perdit son sang froid ;
–  Homme sans peur, dit-il à un de ses soldats, mets le feu à ces bêtes sans plus attendre ! Remontez tous sur vos chevaux, droit devant !
Sans plus attendre, les hommes exécutèrent les ordres de leur souverain ; Seul comptait le fait d’oublier ce qu’ils venaient de voir!
Pourtant l’horreur ne s’arrêta pas là et s’attaqua dés lors aux hommes. L’ Homme rageur fut atteint le premier ; C’est le cri de ce dernier, similaire à un cri de bête qui alerta Gengis et Louis. Son corps se convulsait, vociférant des mots incompréhensibles. S’arrachant tout d’abord les yeux avec les doigts ,il se pencha ensuite  la gueule ouverte sur le cou de son cheval essayant de mordre l’animal, les membres désarticulés, le sang jaillissant par tout les orifices ,il perdit l’équilibre ,tombant ainsi face contre terre.
Ils chevauchèrent sans s’arrêter pendant plusieurs jours, plusieurs nuits ; Ne pouvant se résoudre à croire à ce qu’ils avaient vu tant cela les avaient choqués.
Une seule possibilité pouvait être capable de décimer autant d’hommes sans même y toucher pensa Gengis, mais comment était- ce possible, il n’avait croisé personne durant leur périple, personne ; Gengis éloigna ses pensées mais elles revinrent le hanter malgré lui ; Il connaissait le pouvoir de la sorcellerie, mais comment avait-il pu être victime d’un sort ?
C’est avec ses pensées qu’ils arrivèrent à la frontière Irakienne, le soleil était au zénith lorsque l’armée épuisée s’arrêta.
Le constat fut terrible ; Dans le silence, ils comptabilisèrent leurs pertes ; trois-cents chevaux avaient péris, autant d’hommes manquaient à l’appel.
Pour la première fois les souverains se sentirent affaiblis, Homme rageur, Homme couleuvre, Homme feu n’étaient plus.
Louis et Gengis décidèrent de se réunir à huit-clos.
– Louis, que penses-tu de ce qui nous est arrivés ?
– Gengis,  je ne sais, je suis perdu, je pense bien à quelque chose mais…
– Oui, Louis ?
– Je pense à un sort, je veux dire, un mauvais sort.
– Tu penses comme moi donc Louis. il ne faut rien dire à nos hommes, ils sont valeureux , courageux ; Ce qu’ils ont vu , ils ne l’oublieront jamais ; Allons les rassurer, montrons – leur qu’ils ne risquent rien ;
Les deux hommes étaient empreints de doutes mais Roi et Empereur convoquèrent leur armée afin de leur prouver que rien ni personne ne pouvait déstabiliser Gengis Khan et Louis IX !
A peine le laïus des souverains fut terminé qu’un hurlement se fit entendre ; Le Chevalier Soisson se transforma en un monstre, les yeux révulsés, il se jeta sur Chevalier de Troie se transformant en cannibale.
L’Homme sabre, à gauche du Chevalier Soisson  eut le réflexe de prendre  son sabre, et, d’un revers de la main , décapita le monstre.
Un autre cri se fit entendre, lorsque La tête du chevalier roula jusqu’au pied de Gengis ; Des paysans Irakiens étaient là , devant eux , les yeux froids, les montrant du doigt et criant ‘ C’est des maudits, c’est des maudits ‘ ;
Le corps du Chevalier Soisson bougeait encore ; Sous sa peau , les mêmes excroissances que sur le cheval , elles se promenaient d’un bras à un autre ,puis , la peau se déchira pour laisser apparaitre ‘ La Chose ‘ ;
Les paysans hurlèrent à nouveau ‘ Ils viennent du lac Maudit, Ils viennent du lac Maudit , ils sont maudits ‘
Gengis et Louis, s’avancèrent vers eux, essayant de calmer leur fureur.
Il fallut plusieurs heures aux souverains pour pouvoir communiquer avec les paysans. Ils expliquèrent ce qui leur était arrivé.C’est alors qu’un vieil homme sans âge s’approcha de L’Empereur et du Roi.
– Je ne sais qui vous êtes ,mais , en vous baignant dans le lac maudit ,vous avez permis a Shetan de prendre votre corps en vous donnant l’illusion qu’il existait ,car ce lac est un mirage , il n’existe que pour nos ennemis , les ennemis des musulmans, vous êtes donc
nos ennemis mais parce que nous ne vous craignons pas, parce que nous ne sommes pas vos ennemis, nous allons vous sauver !
Louis et Gengis répondirent dans un profond silence.
Le vieil homme commença ses incantations en s’approchant du  Chevalier Soisson.  il saisit d’une main ferme ‘ La Chose ‘ ; Similaire à un gros ver, se tordant dans tous les sens, elle était translucide et gorgée de sang ; des milliers de ventouses à même son estomac lui permettait de s’accrocher aux organes ; des petites dents  aiguisées comme des lames de rasoirs lui permettaient de pouvoir percer les organes  afin d’y injecter le poison.
Tout à coup, le paysan arracha avec sa bouche la tête de ‘La Chose’, il l’avala et se mit à parler d’une voix gutturale ;
– Vous, qui êtes venus en ennemis, je ne vous ai pas anéanti grâce à ce vieux loup, mais, je vous anéantirai, un jour vous serez miens, un jour le monde deviendra musulman.
Le vieil homme recracha la tête de ‘La Chose ‘ ; Dans une agilité surprenante, il se jeta sur le ver et le broya de son pied ; Il ne restait rien, plus rien.
Les deux souverains, témoins de la scène, restaient cois.
Gengis Khan se mit à genoux devant le vieil homme ;
– Je te remercie, vieil homme, à partir d’aujourd’hui, je suis ton serviteur. Ce que tu as fait pour mon armée, je ne l’oublierai jamais
Louis à son tour s’approcha de l’homme :
– Voici, vieil homme, mon épée. Je te la donne en preuve de reconnaissance de ton geste envers nous.
– Je ne veux rien, répondit le vieil homme. Je ne veux rien, ni salut, ni épée. Mon peuple est fier, il est honnête et aime Mahomet, nous n’avons pas le même prophète, certes, mais le même Dieu …Voila pourquoi je ne comprends pas que nous puissions être ennemis ; Je reprends mon chemin et vous reprenez le vôtre ; QUE DIEU VOUS GARDE !
Sans attendre de réponse, le vieil homme et sa famille reprirent leur chemin.
Gengis et Louis reprirent eux aussi leur route avec leur armée jusqu’à Jérusalem, mais le vieil homme avait troublé les souverains. Dans sa sagesse, dans son humilité, il avait prouvé à Louis qu’il se trompait et qu’il était donc possible de pouvoir vivre ensemble même si l’on était différent.
Quand à Gengis, il pensa fort à une possible reconversion ; l’idée venait de naître. Elle n’était que syllabes, que bribes pour le moment ; La distance qu’il leur restait à parcourir jusqu’à Jérusalem lui permettrait de mieux y réfléchir.
Il arrivèrent à la porte de Jérusalem sans autre souci, mais, la perception de Louis avait changé, celle de Gengis aussi ; ce périple n’avait pas été vain, ils avaient découvert l’humilité, l’amour, mais… Ils avaient surtout appris que les musulmans n’étaient peut-être pas comme ils le croyaient .
Face à la porte de Jérusalem, les doutes les envahissaient, le choix aussi … Car ils avaient le choix : envahir ou  partir ?